Prime d’équipement informatique, la gifle !

Chacun de nous aura pu suivre l’actualité au sujet du versement d’une prime d’équipement  informatique destinée aux enseignants. Dès le départ écartés de cette prime, les professeur.e.s documentalistes ont pu avoir bon espoir de la percevoir, les démarches engagées laissant un temps entrevoir une issue favorable.

Pourtant le couperet est tombé ce dimanche 7 décembre. Le décret publié au Journal officiel ne laisse plus aucun doute sur le peu de considération dont les professeur.e.s documentalistes font l’objet, lesquels, pour ne pas se sentir exceptionnels n’en constituent pas moins une exception puisque l’ensemble des personnels qui exercent des missions d’enseignement la percevront, « à l’exception des professeurs de la discipline de documentation« .

Une gifle, la stupéfaction

Au premier instant d’une gifle, cinglante, qui est reçue, la stupéfaction domine, l’incompréhension d’un tel geste, violent, laissant chacun interdit. Il n’en va pas différemment pour les professeur.e.s documentalistes , dans l’incompréhension, pour être écartés de cette prime. Bien sûr, ce n’est pas une question d’argent, 150€, mais bien davantage de reconnaissance et de dignité.

De reconnaissance pour le travail sans faille accompli lors du confinement, et plus largement au quotidien, par les professionnel.le.s que nous sommes. Jamais aucun de nous n’aura rien réclamé pour cela si ce n’est de constater combien nous avons contribué à faire face à une situation sanitaire inédite. Jamais aucun de nous n’aura rien réclamé pour cela si ce n’est de constater combien nous œuvrons chaque jour à l’acculturation et aux apprentissages des élèves.

De dignité, donc, aussi, car nous prétendons simplement au respect ! Au respect dans l’application de la loi quand, malheureusement une nouvelle fois, l’exception nous laisse démunis pour dire la fierté qui est la nôtre à exercer humblement nos missions auprès des élèves.

Une gifle, la douleur

La stupéfaction passée vient la douleur cuisante d’un camouflet porté, seul, à une profession. Depuis tant d’année nous œuvrons devant les élèves, trop seuls sans doute à être conscients de cette nécessité. Notre dernière circulaire de mission nous avait pourtant laissé entrevoir un attachement aux personnels qui exercent des missions d’enseignement, puisqu’il est dit du.de la professeu.e.r documentaliste que « son enseignement s’inscrit dans une progression des apprentissages de la classe de sixième à la classe de terminale, dans la voie générale, technologique et professionnelle. » Mais non, cela n’aura été qu’une illusion des mots, incompris même par ceux qui les auront écrits.

Reste la douleur de constater notre engagement si peu reconnu. La douleur, non !

Une gifle, la colère

Nous avons pu observer avec intérêt la vive réaction occasionnée par cette inégalité de traitement. Notre conviction est par trop ancrée pour se laisser ainsi abîmer. Sur les listes professionnelles, sur les réseaux sociaux les messages et commentaires donnent à lire une saine exaspération, qui semble dire combien le sentiment d’injustice déborde.

Car rien ne justifie d’être ainsi écarté de cette prime que la négligence dont les auteurs du décret gagneraient à s’amender. Car rien ne justifie d’être ainsi écarté de cette prime que la méconnaissance de notre métier et des tâches qui sont les nôtres au quotidien. Car rien ne justifie d’être ainsi écarté de cette prime, seul, quand, enseignant, nous sommes devant (et avec !) les élèves. Car rien ne justifie d’être ainsi écarté de cette prime, ce qu’il nous faut faire entendre au législateur afin de le préserver de l’indignité.

Une gifle, la réaction

Au niveau associatif, la majeure partie des A.P.D.E.N. ont relayé le désarroi et la colère des professeur.e.s documentalistes en adressant des courriers pour qui aux députés et sénateurs, pour qui au recteur, pour qui à l’inspection. C’est le cas de l’A.P.D.E.N Poitiers qui a adressé un courrier à notre inspection avant la publication du décret. Une démarche que nous entendons réitérer, de même que nous allons adresser un courrier de protestation à l’adresse de la rectrice.

Au-delà, des actions voient le jour que nous portons à votre connaissance pour qui souhaiterait y participer. A l’initiative des collègues un genial.li en répertorie une partie avec ce qui peut sembler pour point d’exergue une pétition et une action menée le 17 décembre selon deux modalités différentes, un préavis de grève étant posé alors que des professeur.e.s documentalistes envisagent une grève du zèle en se rendant dans leur établissement, mais sans recevoir d’élèves, puisqu’il aura été dit que nous ne sommes pas devant élèves.

Nous avons la conviction que ces démarches peuvent avoir un résultat, au-delà de cette prime d’équipement, pour rappeler quelles sont les missions et l’engagement des professeur.e.s documentalistes au quotidien. Mais nous savons aussi qu’il nous faudra pouvoir être nombreu.se.x, déterminé.e.s, pour porter haut cette reconnaissance, à laquelle nous pouvons légitimement aspirer. Dont acte !

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